Annonce des lauréat·es des Prix Saunderson pour les artistes de la relève de 2026

21 octobre 2026

La Fondation Hnatyshyn est ravie d’annoncer les lauréat·es de nos prix William et Meredith Saunderson pour les artistes de la relève : Gayle Uyagaqi Kabloona, Pedro Barbáchano et Michaëlle Sergile. Nous avons aussi le plaisir de remettre des prix secondaires aux finalistes : Yen-Chao Lin, Jake Kimble et Maria-Margaretta Cabana Boucher.

Créés en 2015, les prix William et Meredith Saunderson soutiennent des artistes de la relève en arts visuels possédant la détermination et le talent pour contribuer au patrimoine artistique canadien. Actuellement, trois premiers prix de 10 000 dollars chacun et trois prix secondaires de 4 000 dollars chacun sont décernés chaque année.

Par souci de concision, seules de brèves informations biographiques sont présentées ci-dessous. Nous vous invitons à découvrir plus en détail les lauréat·es et leur travail au lien suivant : https://www.rjhf.com/programmes-en-cours/saunderson-prix!

Premiers prix

Pedro Barbáchano

À travers des recherches d’archives, l’artiste Pedro Barbáchano, installé à Montréal, retrace la circulation du patrimoine de l’Égypte antique afin d’examiner la diplomatie postcoloniale ainsi que le rôle de la photographie et de la conservation muséale dans la construction du spectacle touristique. Son œuvre a été présentée dans des galeries à travers le Canada et récemment, il fut artiste en résidence à la Cité internationale des arts à Paris ainsi qu’à Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli, QC.

Avec l’aimable autorisation de Pedro Barbáchano.

Pedro Barbáchano, Corps Exposé. Vue de l’exposition au Centre CLARK, Montréal, 2026. Avec l’aimable autorisation de Pedro Barbáchano.

« Recevoir un Prix Saunderson est une reconnaissance transformatrice et profondément valorisante. Concrètement, ce prix me permettra d’entamer la conception et la planification de la production de mon premier court-métrage. Au-delà de sa valeur financière, il m’a donné le sentiment d’être soutenu au sein de la communauté artistique canadienne dans son ensemble. Je suis profondément reconnaissant envers la Fondation Hnatyshyn et le jury pour cette marque de confiance. Elle me donne l’assurance que mes questionnements sur le patrimoine culturel, le déplacement et la vie politique des images peuvent trouver un écho au-delà des histoires spécifiques dont ils sont issus. Ceci renforce ma détermination à poursuivre ce processus lent, exigeant et souvent incertain qu’est la création artistique. »

Site web : pedrobarbachano.com

Instagram : @pedrobarbachano


Gayle Uyagaqi Kabloona

Gayle Uyagaqi Kabloona est une artiste et écrivaine inuite multidisciplinaire installée à Ottawa. Son travail – incluant des céramiques, des estampes, des œuvres graphiques et des œuvres d’accrochage mural – s’inspire de l’art de ses ancêtres et intègre souvent des récits traditionnels inuits racontés à travers un prisme moderne et féministe. Elle aime transposer ses images d’un médium à l’autre, tout en respectant les méthodes et le savoir-faire traditionnels. À travers son art, ses récits, le partage de ses compétences au sein de sa communauté et ses écrits sur l’art et l’histoire inuits, Gayle offre un regard intime sur la vie inuite contemporaine.

Photo : Alex Archimbaud. Avec l’aimable autorisation de Gayle Uyagaqi Kabloona.

Gayle Uyagaqi Kabloona, Feminist Sedna, 2025. Duffel en laine, laine melton et fil à broder. 138 x 138 cm. Photo : Tess Girard et Shelby Lisk (recadré). Avec l’aimable autorisation de Gayle Uyagaqi Kabloona.

« Recevoir ce prix est un honneur et une étape importante dans ma carrière d’artiste. J’adore créer un lien entre mon art et le public, raconter des histoires à travers les images et faire connaître l’art inuit sur de nouvelles plateformes. Je suis très reconnaissante envers la Fondation Hnatyshyn et la famille Saunderson pour cette distinction. C’est un formidable soutien qui me permet de poursuivre ma création artistique et une occasion d’investir dans mes futurs projets. Quelle chance de pouvoir continuer de créer l’art que j’aime ! »

Site web : Uyagaqi.ca

Instagram : @uyagaqi


Michaëlle Sergile

Michaëlle Sergile est une artiste et commissaire d’exposition indépendante. Née à Chicago, elle a passé sa petite enfance à Port-au-Prince, en Haïti, avant de s’installer au Canada. En s’appuyant sur des archives postcoloniales des années 1950 à nos jours et en employant les techniques de tissage, elle cherche à comprendre et à réécrire les histoires des communautés noires, en accordant une attention particulière aux femmes et aux communautés se situant à divers carrefours identitaires. Entre ses mains, le tissage devient un langage permettant de questionner les relations entre le genre et l’ethnicité.

Photo : Vladim Vilain. Avec l’aimable autorisation de Michaëlle Sergile.

Michaëlle Sergile, And Then, Perhaps, a Memory, 2026. Tissus à trame unique, tissés à la main sur un métier Jacquard et un métier à tisser traditionnel Jack, coton. Installation, 354 x 70 po. Photo : Mike Patten. Avec l’aimable autorisation de Michaëlle Sergile.

« En tant qu’artistes, nous traversons souvent des périodes d’activité intense et de grande visibilité, suivies de moments plus calmes marqués par l’incertitude, la recherche et la réflexion. Ces changements font naturellement partie de la pratique artistique, mais les moments de reconnaissance comme celui-ci sont particulièrement touchants, car ils nous rappellent que notre travail est vu, compris et apprécié. Au-delà de l’aide financière, ce prix m’apporte un encouragement à un moment où je suis en pleine évolution et me rappelle l’importance de continuer à prendre des risques, à explorer et à imaginer de nouvelles possibilités au sein de ma pratique. »

Site web : michaellesergile.com

Instagram : @michaellesergile

Finalists’ Prizes

Cette année, nous avons fièrement augmenté la valeur du prix décerné à chaque finaliste de 3 000 à 4 000 dollars.

Maria-Margaretta Cabana Boucher

Maria-Margaretta Cabana Boucher est une artiste interdisciplinaire / mère michif de la rivière Rouge, originaire du territoire du Traité n° 6 Saskatoon (SK). Elle vit et crée actuellement sur le territoire volé des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh Úxwumixw (Squamish) and səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh). Cabana Boucher est citoyenne de la Nation métisse de la Saskatchewan. Elle a des liens familiaux avec la communauté métisse de St. Louis, SK, par sa lignée paternelle, et des origines britanniques par sa lignée maternelle. Sa pratique artistique explore les archives personnelles des Michif, le perlage autobiographique et les objets du quotidien. En utilisant l’identité métisse comme lieu de transformation, elle s’interroge sur la manière dont la mémoire, l’expérience personnelle, la maternité et les relations ancestrales influencent sa compréhension de soi.

Photo : Jake Kimble. Avec l’aimable autorisation de Maria-Margaretta Cabana Boucher.

Maria-Margaretta Cabana Boucher, Aansaamb, 2025. Installation in situ sur l’édifice BC Hydro Dal Grauer Substation, Vancouver, dans le cadre du Capture Photography Festival. Photo : Dennis Ha. Avec l’aimable autorisation de Maria-Margaretta Cabana Boucher.

« C’est un immense honneur d’avoir été sélectionnée parmi les finalistes des Prix Saunderson. Je tiens tout particulièrement à remercier les membres du jury d’avoir reconnu mon travail aux côtés de mes collègues nominés et finalistes, que j’admire et respecte depuis longtemps. Ce prix m’aidera à développer une pratique artistique durable qui me permettra à la fois de m’occuper de ma fille et de nourrir ma pratique en atelier. Voir l’amour, l’attention et les histoires qui se cachent dans mon travail être mis à l’honneur m’encourage à continuer à partager et à créer pour ma famille et mes communautés. »

Cabana Boucher est représentée par Ceremonial Art.

Instagram : @mariamargaretta


Jake Kimble

Jake Kimble est artiste et commissaire d’exposition multidisciplinaire chipewyan (Dënesųłıné), originaire du territoire du Traité n° 8 dans les Territoires du Nord-Ouest, dont la pratique s’articule autour des gestes de bien-être personnel, de reconstruction de soi et de refus des idéologies fondées sur le genre. Kimble appartient à la Deninu K’ue First Nation et vit, travaille et photographie sur le territoire volé des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh Úxwumixw (Squamish) and səlilwətaɬ  (Tsleil-Waututh). À travers une subversion astucieuse de l’esthétique du quotidien, Kimble joue également avec le langage et l’ambiguïté – ce qui lui vient naturellement en tant que personne bispirituelle. En utilisant son sens de l’humour comme outil, Kimble explore les thèmes de l’existentialisme, du narcissisme et de l’étrange, invitant les membres du public à examiner les absurdités qui existent au quotidien afin qu’iels aussi puissent respirer, se détendre et même rire dans ces espaces où le rire est souvent perdu.

Photo courtesy of Jake Kimble.

Jake Kimble, My Guardian Angel is Tired, 2023. 13 pi x 59 po. Photo : Dennis Ha. Avec l’aimable autorisation de Jake Kimble.

« J’ai des bleus à force de me pincer. Je sais que c’est un cliché, mais c’est vraiment un honneur d’être parmi les artistes nominé·es. J’éprouve beaucoup de gratitude envers la Fondation Hnatyshyn pour cette distinction et ce prix en espèces ! C’est un privilège de créer et de voir son travail exposé. Je ne tiens pas cela pour acquis, pas le moins du monde. Pour moi, la photographie est une forme de rituel personnel : exorciser ce que je ressens à travers une photo me permet d’analyser, d’assimiler et, au final, de guérir. Cela me permet également d’être l’auteurice de ma propre histoire, et en tant que personne chipewyan bispirituelle, c’est extrêmement important car, pendant si longtemps, nos histoires n’ont pas été racontées par nous-mêmes. Recevoir ce prix renforce ma confiance et me confirme que je suis sur la bonne voie. Quelle chance de recevoir une telle reconnaissance de mon travail acharné! »

Site web : jakekimble.ca

Instagram : @jakekimble


Yen-Chao Lin

La pratique artistique de Yen-Chao Lin s’appuie sur un intérêt pour ce qui ne se voit pas mais se ressent. Ayant grandi au Taiwan au sein d’une famille multiconfessionnelle, elle a été très tôt en contact avec des pratiques spirituelles et des systèmes de croyances vernaculaires, et les formes de culture matérielle qui y sont associées. Si, à l’âge adulte, elle porte un regard critique sur la religion et la spiritualité, ces expériences formatrices continuent d’influencer son œuvre : elle y aborde les arts divinatoires, le folklore, l’alchimie, la culture matérielle, l’objet, l’histoire naturelle, les minéraux et le paysage. Lin travaille dans les domaines de la sculpture, de l’installation et du cinéma expérimental.

Photo : Ash KG. Avec l’aimable autorisation de Yen-Chao Lin.

Yen-Chao Lin, Invisible Landscape 景界 (image fixe), 2026. N&B & Couleur, son, Super 8 & 16 mm à HD, 12:06. Avec l’aimable autorisation de Yen-Chao Lin.

« Le parcours de chaque artiste est unique et rarement sans détours. N’ayant commencé à faire de l’art que dans la mi-trentaine, être sélectionnée comme finaliste d’un Prix Saunderson constitue une reconnaissance significative de mon parcours : le saut dans l’inconnu, les doutes, les difficultés, les rejets, le travail invisible, la joie créative, la passion, les leçons de résilience et de ténacité, ainsi que les hauts et les bas de toute la palette des émotions humaines nécessaires pour mener une pratique artistique. En plaçant mon travail sur une scène canadienne plus vaste, ce prix me donne la confiance nécessaire pour continuer à faire évoluer ma pratique. »

Site web : yenchaolin.com

Instagram : @yenchao.lynx


Comité de sélection

Daina Warren, commissaire d’exposition indépendante et lauréate du Prix d’excellence en mi-carrière de la Fondation Hnatyshyn pour le commissariat d’art contemporain de 2018

Katie Lawson, commissaire d’exposition indépendante et lauréate de la Résidence Fondation Hnatyshyn - Fogo Island Arts pour jeune commissaire de 2023

Tak Pham, Commissaire d’exposition de la galerie Illingworth Kerr à la Alberta University of the Arts et lauréat de la Résidence Fondation Hnatyshyn - Fogo Island Arts pour jeune commissaire de 2023

Erica Chi, Agente, art public, Ville d’Ottawa (Membre du jury invitée pour le départage du vote final)

La Fondation Hnatyshyn tient à remercier chaleureusement les centres d'artistes autogérés, les galeries et les professionnel·les des beaux-arts qui ont proposé des candidatures, les artistes qui ont présenté leurs œuvres, ainsi que les membres du jury qui ont examiné attentivement les dossiers.


En mémoire de Bill Saunderson (1933-2026)

William et Meredith Saunderson ont soutenu les Prix Saunderson depuis 2015. Leurs généreuses contributions ont permis de reconnaître 36 36 artistes visuel·les canadien·nes à la relève. En février dernier, c’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Bill. Outre son extraordinaire générosité, la Fondation Hnatyshyn a bénéficié de l’expertise financière et des sages conseils de Bill pendant plus de vingt ans, depuis sa nomination initiale au conseil d’administration en 2003. Nous perpétuons fièrement une partie de l’héritage de Bill à travers les Prix Saunderson.

Lisez ici l'avis de décès de Bill Saunderson


À venir

Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir d’annoncer les lauréat·es des Bourses de lancement Gerda Hnatyshyn de 2026. Au cas où vous l’auriez manqué, nous avons également annoncé récemment les lauréat·es de nos programmes de bourses d’études, soit un total de 19 bourses attribuées à des étudiant·es canadien·nes en arts du spectacle.

Nous avons hâte d’annoncer les appels à candidatures pour 2027 au début de la nouvelle année via notre infolettre, notre site web et nos réseaux sociaux. Restez à l’écoute !

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Annonce des lauréat·es des programmes de bourses d’études pour artistes de la scène